Sur les crêtes du Jura.

Par Thomas Twieg, 7 octobre 2007.

J’ai voulu sortir samedi soir mais les stratus étaient un peu trop forts, et comme sur mon mail de vendredi il n’y avait pas de réaction, j’ai décidé de rester « au chaud » et sortir une autre fois.

Après avoir passé un super après-midi dominical et automnal sur les crêtes du Jura bien ensoleillé avec la famille, je me suis dit : Punaise - le ciel est bien transparent, les stratus au dessous de 1300 m du coté du Leman (sur le Jura il n’y avait rien) - pourquoi ne pas sortir aujourd’hui ?

Bref – Joël et son copain Théo avec ses 5 ans ont bien marché, ils ont pris un bon bol d’air frais – et ils vont s’endormir assez vite...

Un mail pour le club Orion est écrit, préparation des affaires, thermos de thé et c’est parti !

Arrivé vers 20:30 heures sur place, j’ai donc monté la monture + télescope ; une demi heure plus tard la machinerie était prête pour « l’attaque ». Le thermomètre s’est stabilisé autour de 2°C, un ciel majestueux dans le silence presque absolu.

Premier objet : M 15 – un amas globulaire splendide dans Pégase, sur lequel je me suis arrêté pendant l’observation des Lémanides à cause de l’humidité sur la lame de Schmidt de mon C11.

Après M 57 – d’accord ce n’est pas très difficile mais le C11 n’était pas encore « mis en température ». On ne va pas rester très longtemps là-bas et on continue avec M 29. Pas difficile non plus ? Ok mais je voulais essayer de voir le Crescent Nebulae NGC 6888. Je l’ai eu sur photo et vous le trouvez assez souvent dans les publications. Mais, l’avez vous déjà vu « en nature » ? Il a un faible contraste... Point de départ donc : M 29 dans le Cygne et vous le trouvez sur le même déclinaison quelques 10 minutes plus à l’ouest (GOTO humain). Après une première recherche je n’ai rien vu, mis à part de quelques amas ouverts non identifiés.

Puis les armes un peu plus lourdes – des filtres…

D’abord UHC et voilà, il ne peut plus se cacher. Mon OIII de Baader par contre a rendu l’image trop sombre. Après un peu d’essais sans filtre… – bon si on sait qu’il est là...

Un peu de lecture dans le NSOG (Night Sky Observers Guide) et je change mon plan d’observation. Vu que je suis déjà dans la région – je continue en direction ouest et je tombe sur Bas 6 (Basel 6) . Pas évident mais assez grand et divisé en trois parties. Ce catalogue créé en 1979 ne comprend que 20 objets. Je vais vous présenter ces catalogues un jour peut-être au cours d'une conférence – on verra. On continue avec les objets un peu exotiques ? Prochaine cible – on reste tout proche des objets précédents - est Be 86 (Berkeley 86, catalogue créé en 1960 avec 104 objets) entre M29 et NGC 6888 avec ces 5’ de diamètre et faible luminosité. Ici j’ai eu un peu mal à le reconnaître mais après quelques instants : je l’ai eu hahahahaha !!!!! Le GOTO humain est en bonne forme ce soir... Je me repose avec M 56 dans la Lyre pour revenir dans la région d’avant. Les galaxies prévues pour ce soir – je fais ça plus tard... NGC 6910 assez lumineux et compacte très proche de Gamma Cyg. Les yeux jubilent. Plus loin sur la même ascension droite on trouve Cr 419 (Collinder). Oh lala il est dur. Une étoile de mag 5 est un peu éblouissante est entourée des faibles étoiles de mag 14 et 15. Est-ce que je le vois ou quoi ? Je n’en suis pas sûr. Cette magnitude dépasse un peu la puissance du C11 mais comme amas on devrait... Petit contrôle de la lame de Schmidt – oh non, ça recommence... et le ciel se couvre de plus en plus. Juste un banc de stratus ? Le thermomètre affiche +6°C – ça se réchauffe ? L’instrument a déjà l’air d’être tombé dans l’eau. Je crois que la petite soirée d’observation se termine ; il est 23:15 heures. Zut – Do 39, Do 40 et Do 41 (Dolidze) ainsi que IC4996 et IC 1311 doivent attendre une prochaine fois. Tout ce que je voulais faire je ne l’ai pas fait et tout ce que je ne voulait pas faire... une soirée bien typique et pleine de surprises.

Restez à l'oculaire

Thomas

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